L’école de Palo Alto et le cheval qui savait compter

Dans le cadre de mes recherches sur les théories de la communication, je lis présentement beaucoup sur le sujet passionnant et en apprends beaucoup sur les théories et les écoles de pensées en communication. Il y a, par exemple, l’école de Palo Alto, théorie de la communication présentée par un groupe de chercheurs provenant de divers champs d’expertises tels que l’anthropologie, la linguistique, les mathématiques, la sociologie ou la psychiatrie est bien expliquée par Mattelart dans l’Histoire des théories de la communication. On y comprend que dans les années quarante, ce groupe de chercheurs américain s’imposant sous le nom de l’école Palo Alto, nom d’une ville en Californie et qu’ils souhaitent s’imposer comme référence maîtresse quant à la théorie de la communication. ‘Selon eux, la complexité de la moindre situation d’interaction est telle qu’il est vain de vouloir la réduire à deux ou plusieurs ‘variables’ travaillant de façon linéaire. C’est en termes de niveau de complexité, de contextes multiples et de systèmes circulaires qu’il faut concevoir la recherche en communication’. (Winkin, 1981, rapporté dans Mattelart, 1995). Le postulat de départ de cette école est « Il est impossible de ne pas communiquer ».

 

Dans cette vision circulaire de la communication, le récepteur a un rôle aussi important que l’émetteur. Dans Psychologie de la communication, un super bouquin écrit par un des gourus de la communication, Alex Mucchielli (Paris, Presses universitaires de France, 1995) l’analyse qu’il fait de l’École Palo Alto est que l’on utilise, pour communiquer, deux grandes catégories de signaux : les signaux digitaux (les mots, compréhensibles à partir d’un code précis); et les signaux analogiques (des gestes, des postures, des paralangage qui ne renvoient pas à des codes précis). D’une manière générale, la communication digitale concerne le contenu des échanges tandis que la communication analogique concerne la relation entre les interlocuteurs. Ainsi, dans une communication, il y a toujours au moins deux communications : celle qui se passe au niveau intellectuel et celle qui se passe au niveau du ressenti, du vécu relationnel.

Le cheval qui savait compter…

Semblerait que les animaux et les enfants soient très sensibles aux signaux analogiques, plus particulièrement au paralangage. Mucchielli explique comment un cheval entrainé, par exemple, donnera la bonne réponse à une question mathématique en tapant avec son sabot. Celui-ci n’est évidemment pas savant au point de bien savoir compter mais plutôt, réussi à décoder, en observant la réaction des gens présents, la réponse attendue et cessera de piocher lorsqu’il estimera avoir atteint le nombre de coup voulus! 

J’avoue avoir déjà trouvé extraordinaire un numéro de cirque similaire et je suis aujourd’hui un peu déçue de voir l’envers du décor…. Je me coucherai ce soir un peu moins niaise comme on dit souvent mais tout de même un peu déçue… et la nuit me permettra peut être de répondre à ma question philosophique: pour conserver son émerveillement, faut-il rester sot?

~ par martinelizotte le 16/04/2009.

3 réponses to “L’école de Palo Alto et le cheval qui savait compter”

  1. bonjour,
    je suis justement à la recherche du titre du bouquin sur la communication où on trouve quelques exemples dont celle du cheval qui sait compter. pourrais-tu me donner les coordonnées précises ?
    merci

    • Bonjour Éloïse… Merci du commentaire.
      On peut trouver l’histoire de Hans le malin, le cheval qui savait compter (et d’autres) à la page 80 de ‘Psychologie de la communication’ (Paris, Presses universitaires de France, 1995), écrit par un des gourus de la communication, Alex Mucchielli. M. Mucchielli est réputé, entre autres, pour poursuivre les recherches et la pensé de l’École de Palo Alto. Je donnerai d’autres exemples dans un prochain billet.

  2. merci :)

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